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Prenez une pincée d’industrie agroalimentaire, une autre d’insectes et mélangez. Cela vous donne Ynsect, la « bête humaine » qui se nourrit d’innovations de rupture. La société est spécialisée dans l’élevage et la transformation d’insectes en matière première pour l’alimentation animale et la fertilisation des sols. « Eh bien ! mangez maintenant ».

Ynsect, l’agtech qui dévore le marché mondial des protéines alternatives

Ynsect sort de terre en 2011. L’idée germe dans l’esprit de quatre amis, Antoine Hubert, Jean-Gabriel Levon, Fabrice Berrot et Alexis Angot soucieux de trouver un moyen de nourrir la Terre sans épuiser ses ressources naturelles. Ils décident alors de miser sur les insectes (et plus précisément le Tenebrio molitor). Près de 8 ans plus tard, leur flair ne les a pas trompé. Parti de rien, Ynsect vient de franchir le cap des 100 salariés et peut devenir le leader mondial du secteur.

Le Molitor, l’insecte aux oeufs d’or

Tu es poussière et tu retourneras farine. Ynsect élève le Tenebrio Molitor, un petit insecte à haute teneur en protéines, dans sa Fermilière verticale. 95% des larves, une fois arrivées à maturité, sont transformées en poudre de protéine et en huile premium. Le Molitor a déjà permis de créer deux produits  :

  • D’autre part le YnFrass : ce produit créé à partir de déjections de larves de Molitor est utilisé pour fertiliser les sols.
  • D’une part le YnMeal : bien que les insectes fassent partie de la nutrition naturelle de nombreux animaux, ils sont absents de l’alimentation des animaux d’élevage. YnMeal, créé à partir de larves de Molitor a vocation à réparer cela et sera utilisé dans la fabrication de nourriture pour animaux.

Un peu gluant mais appétissant !

« Le succès était lié à la stratégie de la propriété intellectuelle »

Ynsect, une agtech dopée à la R&D et aux brevets

La propriété intellectuelle est la sève d’Ynsect. Avant de se lancer, les quatre amis ont fait réaliser par Questel une cartographie mondiale des brevets. Constat : seule la Chine est en avance sur le sujet. Ynsect doté d’un appétit gargantuesque décide donc de partir à l’assaut du reste du monde.

En février 2014, la société réalise sa première levée de fonds pour un montant de 1,8 millions d’euros. Suivront 5,8 millions fin 2014, ainsi qu’un soutien des pouvoirs publics à hauteur de 6 millions et 14,2 millions en 2016. En 2019, le travail de fourmi à payé : un dernier tour de table historique rapporte à Ynsect près de 110 millions d’euros.

  • Une R&D très structurée

Aux avant-poste des dépenses on retrouve la R&D. Nécessaire à la survie de l’entreprise et à l’innovation, la R&D est une priorité. En 2012, Ynsect intègre l’incubateur Agoranov et pilote le projet DESIRABLE, programme de R&D basé sur l’insecte. Trois ans plus tard, est créé le “Ynstitute” où est notamment hébergé son centre R&D. « C’est le plus grand centre de recherche privé au monde sur le sujet ».  

L’articulation entre la R&D et la propriété intellectuelle est bien huilée. Dès que la R&D propose un « projet », l’équipe juridique se charge de regarder s’il à déjà fait l’objet d’un dépôt de brevet. A défaut, une procédure de dépôt est lancée tant au niveau national qu’international.

  • Des insectes biberonnés aux brevets

Avec une cadence de 4 à 5 dépôts de brevets par an, Ynsect compte aujourd’hui 22 brevets dans pas moins de 40 pays. Mais pas question pour Ynsect de se muer en papillon sans un encadrement solide de sa propriété intellectuelle. Un comité brevet est constitué dès la création. Son rôle ? Cibler tous les trimestres, les innovations susceptibles d’être protégées. Pour Ynsect, le brevet présente de nombreux intérêts. D’une part il offre une liberté d’exploitation avec un contrôle de A à Z sur l’évolution du prototype, d’autre part c’est un argument fort pour les démarches de financement. Pour un contrôle optimal, Ynsect protège même, en prévision, les marchés dans lesquels ils ambitionnent d’investir à l’avenir. Grâce à cette avance technologique les concurrents sont tenus à distance. Le nouveau fleuron de la chaîne alimentaire ne laisse rien au hasard.

Et demain ? Rendez-vous en terre (in)connue

L’oiseau fait son nid. À court terme Ynsect souhaite augmenter la productivité de son élevage d’insectes et développer de nouveaux produits. L’objectif ?  Étendre leur marché à d’autres races animales. Sur le long-terme, Ynsect ambitionne d’aller au-delà de la nutrition animale, grâce notamment à la chitine (produit dérivé de l’insecte) et l’élevage de nouvelles espèces d’insectes.

Côté infrastructure, grâce à sa dernière levée de fonds, la production d’Ynsect va pouvoir prendre son envol. Une YnFarm, ferme verticale de grande échelle, va être construite en 2020 près d’Amiens. Son rendement devrait avoisiner 20.000 tonnes de protéines par an. À l’étranger, Ynsect devrait s’implanter en Amérique du Nord. La production à peine lancée, Ynsect dévore une à une les parts du secteur avec un carnet de commandes avoisinant les 70 millions de dollars sur les quatre prochaines années.  

La chenille s’est métamorphosée en un beau papillon…

Aperçu du portefeuille PI :